Aigul Mingazova – victoire malgré tout!

  • 07 Декабрь 2018

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Le samedi dernier dans la ville française Lyon, il y avait 65-ème anniversaire du plus vieux trail de France, ultra- course nocturne - La Saintélyon.

Une russe Aigul Mingazova est devenu la première russe qui est montée sur le podium de cette course célèbre!


1.

Guillaume PORCHE

FRA

06:26:12

1.

Aigul MINGAZOVA

RUS

07:55:35

2.

Romain MAILLARD

FRA

06:32:40

2.

Claire MOUGEL

FRA

07:56:13

3.

Thibaut GARRIVIER

FRA

06:33:11

3.

Sylvaine CUSSOT

FRA

08:12:42


Aigul Mingazova – sportswoman –amatrice âgée de 32 ans, native de la ville de Kazan. Ça fait un an seulement qu’elle a commencé à pratiquer de l’athlétisme, avant elle courait juste à l’école. L’entraineur d’Aigul – ultra-marathonien célèbre russe Oleg Petrovitch Kharitonov.

Derrière les épaules d’Aigul seulement 2-3 marathons, le meilleur résultat 02:52:08 au marathon de Samara en 2018, où elle a gagné la deuxième place.

Comment participer la course pour tenir la compagnie, courir une épreuve techniquement difficile en «chaussures de marathon», dans des conditions météo difficiles, avec le minimum d’équipement, sans alimentation, sans connaitre la distance, ni les concurrentes, et devenir la première étrangère qui a gagné le trail culte français - lisez et regardez (en russe) notre interview avec Aigul Mingazova.



AIGUL MINGAZOVA:


 «J’ai commencé à m’entrainer depuis l’année dernière et j’ai parcouru la distance de 80 km pour la première fois. C’est mon deuxième trail, sans compter Elbrus World Race lequel j’ai parcouru comme un entrainement. Même dans la ville de Souzdal (Golden Ring Ultra Trail) j’ai couru sans me préparer, je voulais tout simplement gagner une montre. Mais parlons maintenant sur Saintélyon et pas sur Souzdal. La préparation était assez faible, car la saison était déjà fermée.

J’ai commencé à m’entrainer régulièrement il y a un an. Avant je courrais quand j’étais à l’école mais c’était il y a cent ans en arrière. J’ai décidé de me préparer pour Elbrus l’année dernière. Préparation à parti du zéro. Je comprenais que ça allait être difficile, car même si j’avais de l’expérience, là je cours cinq … non, pas cinq, je cours quatre kilomètres et je suis déjà essoufflée. C’est ainsi que je me suis préparée à peine pendant 2-3 mois. Et voilà qu’après l’épreuve d’Elbrus j’ai décidé de m’entrainer. J’ai très peu de temps pour des entrainements sérieux car je travaille…

J’ai montré mon résultat lors du marathon «avec des jambes lourdes», à peine descendue des montagnes, pas eu le temps de m’acclimater. Le résultat pouvait être meilleur et là je courrais comme si comme ça.

C’est vous qui m’a proposé de venir en France pour participer La Saintélyon, mais il y eu juste un mois de préparation car la saison était déjà fermée. Il y eu une seule préparation 11-12 jours dans la ville de Kislovodsk. En automne j’ai réussi à courir en un mois trois marathons et un semi-marathon. Je faisais une course toutes les deux semaines. Ce n’étaient pas des courses pour obtenir des résultats. Ou plutôt le premier marathon j’ai couru pour avoir un résultat, mais vu que je ne me suis pas acclimatée, le résultat était mauvais. Et les autres courses j’ai fait comme un entrainement.»


Vidéo Saintélyon 2018.


«Avant je courrais à l’école, mais ce n’était du sérieux. Je ne trouve pas mes résultats sont extraordinaires. Je ne me trouve pas talentueuse. Vraiment! Sans aucune timidité. Puisque je connais des athlètes vraiment talentueux, eux, ils ont du talent, et moi, je «bosse» juste. Mais j’essaie.

En automne j’étais fatiguée de tous ces marathons et je ne pensais pas que nous pourrions nous préparer en un mois. Trois semaines avant La Saintélyon je courrais comme si comme ça. La préparation était assez faible.

Je ne départais pas du SAS élite, j’ai départi comme tous les autres participants. J’ai rattrapé Sacha Morozova (deux podiums Comrades Marathone en 2017 et 2018)  vers le 5ème kilomètre. Je n’aime pas commencer vite, j’aime bien la course au tempo régulier, puisque je n’ai pas encore de base pour varier les vitesses. 

Je comprenais, que la distance est longue et je gardais mon calme. Au début, je courrais dans l'allure 4’ 10- 4’ 15 minutes par kilomètre. Pendant un certain temps nous avons couru avec Sacha ensemble. Puis pendant une des montées, je suis partie devant. Tout simplement pour Sacha ce n’était pas du tout son format (Sacha Morozova a abandonné en 44ème kilomètre). Je ne pourrais pas dire non plus que ce soit mon format. En fait, mon entraineur ne m’autorise pas de courir les trails. Nous ne sommes pas préparées du tous pour Souzdal. Il m’a dit «tu courras comme tu courras», du genre qu’il ne prêtait pas attention à cette course.»




«Les conditions météo c’était quelque chose. J’étais prête pour la distance et le dénivelé, mais le temps… Je veux parler des conditions météo pour que les gens comprennent. Il pleuvait toute la nuit. Il y avait tellement de boue que j’en courrais dedans jusqu’aux chevilles. La boue était partout et pas que dans un seul endroit! Je glissais et tombais, tombais, tombais… Comme j’étais pleine de bout, à partir du 45ème kilomètre j’ai arrêté de m’alimenter. Mes mains et mon sac à dos étaient plein de boue, et les flacons qui étaient dedans aussi. Puisque je ne pouvais rien prendre dans mes mains.

Dans un des points de ravitaillement j’ai rendu mes gourdes, on m’a mis dans une de l’eau et du coca dans une autre, je ne sais pas pourquoi. Je ne bois pas de coca! Et je n’ai pas touché cette gourde. L’eau ne m’a pas suffi. Sinon j’aurais bu de l’eau. Les gourdes étaient tellement sales, que je ne pouvais pas mettre de l’eau dedans, puisque j’étais tombée avec une gourde à la main dans la boue. Et l’alimentation ne me convenait tout simplement pas. D’habitude j’utilise les gels suisses Sponsor, mais ici on ne les vendait pas en Expo, et je n’en ai pas pris avec moi.»




«Et le pire c’est que j’ai eu une très mauvaise lampe frontale! Les descentes étaient avec de telles pierres, en plus le brouillard, j’ai impression, que tout simplement dans certains endroits je descendais à tâtons. On voyait mal le marquage à cause du brouillard et la pluie. Souvent je m’arrêtais et j’attendais un des hommes avec une bonne frontale pour ne pas me perdre. Grâce à Dieu, je ne me suis pas perdue. Il y avait un tel brouillard qu’on ne voyait rien. Avec une frontale c’était comme une grosse tache devant les yeux. C’est pour cela que je coupais la lampe frontale et je courrais à tâtons.

J’étais trempée à fond, mais peut-être à cause d’adrénaline, je n’avais pas froid. Mes pieds étaient glacés. Car à part la boue il y avait aussi des flaques, et dans les descentes les sentiers devenaient tout simplement des ruisseaux. Et il faut dire que malheureusement que je n’ai pas acheté les baskets spéciales pour trails, je courrais avec des simples chaussures pour marathon. Et pour ne pas glisser, je courrais exprès sur l’eau et sur les flaques, puisque je savais qu’au moins comme ça je ne glisserai pas, ne tomberai pas et ne me casserai pas la tête.»


TRAIL-RUN:  Plus la vidéo du finish de victoire d’Aigul, vidéo curieuse – on a tendu le ruban avant la deuxième coureuse et sur la vidéo Aigul demande Claire Mougel qui est la première. Les organisateurs ont tout de suite corrigé l’erreur en demandant à Aigul de faire le finish encore une fois et on peut voir ce finish alternatif sur la vidéo au début de publication (Vidéo Saintélyon 2018).



Video by Trails Endurance Mag.


«La deuxième fille (Claire Mougel) m’a attrapé au 55ème kilomètre. Mais c’est là justement un dénivelé commençait, je me suis retournée et j’ai commencé à «bosser» dedans. En dernier ravitaillement je l’ai dépassé de 6 minutes. Et tout d’un coup, un kilomètre et demi avant le finish, elle surgit tout d’un coup derrière mon dos. Elle voulait trop gagner, et avant le finish elle accélère en essayant de me dépasser. Moi aussi, j’étais déjà fatiguée. En plus les organisateurs ont fait un tel dénivelé avant le finish, telle composition… Je pensais qu’il lui restait des forces. J’ai accéléré à peu près de 500 mètres et même si la française voulait me dépasser, elle n’avait plus de force. Elle a perdu contre moi 38 secondes au dernier kilomètre.

Je ne peux pas du tout courir en descente. Les français courent comme des antilopes dans les descentes. J’ai essayé de m’accrocher aux hommes qui avaient une bonne lampe torche, mais en vain. J’ai gagné lors des dénivelés, mais dans les descentes tous ceux qui ne restaient pas sur place, me dépassaient. Mauvais chaussures, je ne voyais rien… Je me tenais aux arbres et descendais. J’ai réussi tous les dénivelés sauf un très pointu au milieu de la distance. C’était impossible de le monter. La lampe frontale ne m’a pas rendu de service.

Les français qui sont arrivés jusqu’au l`arrivée, doivent être très courageux… le temps était horrible. Pour moi, ce n’était pas une course, mais des tombées incessantes, et si c’était une course, une course sur la boue. Je préfère quand même la course plate, je voudrais faire ça.

Trail, si tu ne l’essaie pas, tu ne le comprendras pas.»


il faut noter, qu'une autre fille russe Natalia SPETSOVA s’est classé 6ème avec un chrono de 08:37:24. 


Au-dessous, la vidéo de la cérémonie de remise des prix, où Aigul remercie les organisateurs avec google-translate très sympa.



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