Grégory Vollet - «J’y ai mis toute ma passion, mon expérience et mon cœur»

  • 01 Декабрь 2018

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En 2018, les meilleurs coureurs de la planète trail se sont réunis pour participer à cinq des plus prestigieuses courses de trail du calendrier dans le cadre de la première édition des Golden Trail Series. Le Golden Trail Series 2018 a été par le norvégien Stian Angermund-Vik et la Néo-Zélandaise Ruth Croft.

En 2019, le Golden Trail Series devient le Golden Trail World Series (GTWS) avec l’apparition du Golden Trail National (GTNS) en France, en Espagne et d’autres à venir. Le GTWS présentera une nouvelle fois les cinq courses les plus emblématiques, mais avec une nouvelle grande course ajoutée à la liste: les Dolomyths Run Skyrace dans les spectaculaires Dolomites italiennes.

La Grande Finale, qui changera de lieu chaque année, se déroulera dans un autre lieu de rêve en 2019 : le Marathon Annapurna Trail au Népal, une course qui culmine à une altitude de 4 122 mètres.

Plus intormations sur - Golden Trail Series.

On vous propose l`interview avec Gregory Vollet, le père fondateur du Golden Trail Series, responsable monde du sports marketing chez Salomon.



Image: Martina Valmassoi.


TRAIL-RUN: Bonjour Gregory, et merci beaucoup, que vous avez trouvé un peu de temps pour cette interview. Salomon est l’un des plus grands sponsors sportive dans le monde et la création son propre Series, c’était la décision absolument logique et raisonnable. On vous appelle le père fondateur du Golden Trail Series (GTS), quelle idée vous avez mis dans la création du GTS?

GRÉRORY: J’y ai mis toute ma passion, mon expérience et mon cœur. L’idée était de faire évoluer la visibilité du sport à une audience plus large tout en respectant les valeurs et l’essence même du sport. Ne pas modifier le sport pour le formater à des besoins commerciaux.

Dans le passé, nous avons vu des sports comme le VTT, le triathlon, le ski alpinisme… Evoluer pour des raisons de coûts de diffusion. Il fallait adapter le format pour que cela coûte moins cher à filmer, adapter les horaires pour que cela tombe bien pour la télévision etc…Ces sports ne sont plus ce qu’ils étaient à l’origine. Je ne veux pas que le trail-running finisse par ressembler à du Cross Country avec des boucles et des obstacles artificielles, mais montrer en quoi il est spectaculaire.

L’autre dimension essentielle était aussi de le protéger des dérives comme le dopage, de contrôler l’évolution. La Golden Trail Series a des règles uniques au monde du sport, avec une non autorisation des AUT (TRAIL-RUN: l’athlète bénéficie d’AUT, justifié sur la base d’un soin d’une maladie passagère ou chronique) et peut ainsi consommer des produits normalement prohibés).

Nous avons aussi un système de primes équitables et essayons de tout faire dans une idée de respect, d’humilité, de transparence et d’honnêteté.




TRAIL-RUN: Excusez-moi Monsieur, mais je dois vous poser les questions qui ne sont pas assez agréables. Peut-être que cela peut vous sembler assez provocateur, mais ce sont les questions qui se tournent autour de la langue de tout le monde. La création du GTS la série si commercialisée, sous patronage et contrôle une seule marque sportive, comment ça correspond avec les valeurs sportives, peut-être il ferait mieux de le créer sur une plateforme neutre?

GRÉRORY: Je comprends votre question et ce qui peut se dire dans le monde du sport mais vous savez je n’ai absolument rien à cacher, et la GTS est née en toute transparence et dans le but d’aider le sport au sens large, et non dans un intérêt purement commercial pour et seulement pour SALOMON.

D’ailleurs en quoi le fait de posséder la Golden Trail Series ne respecterait pas les valeurs du sport ? Vous employez le mot «commercialisée» savez vous qu’aucune course ne paye pour appartenir à la série ? Connaissez-vous le budget investit dans les invitations aux élites NON SALOMON ? Savez-vous le budget investit pour la communication autour du sport et des athlètes Salomon et NON  Salomon? Savez vous le temps et la passion que nous y mettons?

La seule chose qui m’anime et qui a fait naitre la GTS c’est la passion, le courage et l’envie. Évidemment, à plus long terme, on espère que tout cela développe le sport et donc de potentiels futurs consommateurs dans le trail running et pour toute les marques mais pas directement comme un business plan de fédération. Remettons le contexte, le trail est un sport «jeune», en 2004 il n’y avait encore que 24 personnes au départ du Cross du Mont-Blanc, notre première année de sponsoring avec cette course. Il y avait donc tout à construire.

Depuis toujours Salomon a aidé le skyrunning, j’ai personnellement été en contact avec eux et j’ai tout essayé pour les aider à évoluer dans ce qui selon moi et je parlais au nom des marques de sports, et des athlètes élites, me paraissait la meilleure direction. Nous avons eu de nombreuses réunions et échanges depuis 2010. Le sport avait une 10 aine d’année, beaucoup de courses étaient apparues, différents circuits, skyrunning, WMRA (World Mountain Running Association), UTWT (Ultra-Trail® World Tour)… mais il y avait de plus en plus de courses, et les elites étaient dilués sans confrontations directs avec les meilleurs au monde de la discipline.

Le business plan des circuits privés sont basés principalement sur le paiement des organisateurs pour faire parti du circuit, et il faut bien que chaque circuit en tire un/des revenus. De ce fait, le budget restant n’est pas suffisant pour développer une communication à la hauteur des évènements. Salomon a alors imaginé un circuit avec un nombre restreint de courses qui « forceraient » les meilleurs à se rencontrer plusieurs fois dans la saison, c’était la Golden Trail Series, c’était en 2015, Salomon, s’est rapproché des autres marques (7 marques au total) pour en parler ensemble et organiser cette serie qui appartiendrait à une agence indépendante. Le nom a même été déposée par cette agence à l’époque.

Le SkyRunning s’y est fortement opposé en mettant la pression sur les organisateurs et en les faisant signer un contrat de 3 ans d’exclusivité. Finalement, début 2016, toutes les marques se sont retirées..? Elles ont sans doute eu peur, c’était un pari à faire, une aventure dans laquelle se lancer, il fallait oser et finalement à par nous personne ne voulait prendre ce risque. Le trail-running allait donc rester dans son état actuel, ou aucun media ne s’y intéressait faute d’attractivité et de suspens dans les compétitions, il fallait faire quelque chose.

En 2017, nous avons donc décidé de nous lancer, car ni les fédérations, ni aucun circuit privé ne semblaient vouloir/pouvoir faire évoluer le sport. Maintenant que le circuit a été lancé, nous cherchons un sponsor financier extra sportif pour que le circuit devienne plus neutre.



Image: Martina Valmassoi. 


TRAIL-RUN: La création du GTS provoque un conflit des intérêts avec votre vieille partenaire l’ISF, votre série c’est un concurrent direct du Skyrunning World Series, et en plus, vous avez inclus dans GTS, leurs meilleurs et leurs plus populaires courses - Zegama-Aizcorri, Marathon du Mont-Blanc, Dolomyths Skyrace et Sierre-Zinal aussi était dans la série auparavant. C’est assez agressif et n’est pas amicalement, qu`est-ce que vous en pensez?

GRÉRORY: J’ai toujours eu beaucoup de respect pour Marino Giacometti, et nous avons supporté sa vision durant de nombreuses années. En réalité, tout a changé quand il a vendu le circuit du SkyRunning World Series à des purs hommes d’affaires.

Salomon est le partenaire financier de chacune des courses que vous citez, et pour certaines, depuis leurs créations. Nous avons été et sommes encore un acteur majeur dans leurs développements, sachez aussi qu’initialement, nous n’avions aucun problème à ce que la course soit skyrunning et GTS à la fois, mais après tous les problèmes qu’ils nous ont causé, ou qu’ils ont causé aux organisateurs en 2018, un choix a dû être fait.

Le «nouveau» SkyRunning demande un effort très important aux organisateurs pour pouvoir être dans le circuit World Series. Un montant important à payer + la prise en charge d’hébergements pour des athlètes + un nombre important de dossards gratuits…Certaines de nos courses ont fait un calcul simple, quand ils ont vu que leurs bilans étaient négatifs à cause des contraintes du SkyRunning ; ils ont simplement décidé d’arrêter car ils n’en avaient pas les moyens.

Quel est le retour sur investissement pour un organisateur du circuit de SkyRunning ? A-t-il une visibilité plus importante ? Plus d’athlètes ? Il faut participer à 4 compétitions sur 15 pour le classement général…Ne pensez-vous pas que les élites vont encore être dilués sur ces 15 courses ?

On ne cherche pas à faire une compétition contre le skyrunning, mais on cherche à aider ceux qui font que le sport est ce qu’il est, les organisateurs de courses et les athlètes de toutes marques.

Lire aussi l'interview de Albert Jorquera«Come back to the original roots of skyrunning».

TRAIL-RUN: Vous n’avez pas peur, que la série risque devenir aux Jeux Olympique de Salomon, avec la participation que des athlètes Salomon Team? Et comment vous pensez attirer les athlètes qui ne sont pas affiliés à Salomon?

GRÉRORY: En 2018, on peut certe noter que dans le TOP-10, la plus part des athlètes sont Salomon, mais il faut être réaliste, nous sommes une des marques qui supportent le plus d’athlètes, et parmi eux, les meilleurs du monde, donc forcément il y a beaucoup de Salomon. Par ailleurs, La GTS est en contact avec toutes les marques et leurs athlètes, pour trouver des bénéfices communs.

Toutes les marques sont intéressées pour que le sport grossisse, ce qui développera leur chiffre d’affaire sans prendre de la part de marché à un concurrent. (Le gâteau grossit, chaque part du gâteau également de manière proportionnelle entre toutes les marques). Tous les athlètes sont à la recherche de crédibilité, de visibilité, de légitimité pour pouvoir négocier un contrat financier avec une marque. Les journalistes voient dans le trail running un potentiel important, mais ne savent pas comment garder la communauté excitée tout au long de l’année.

La GTS nous semble la meilleure réponse aujourd’hui, et au vu des coureurs préinscrits à la GTWS 2019, de l’intérêt de grands médias internationaux et du retour positif des marques, nous pouvons dire que c’est un réel succès.




TRAIL-RUN: On revient vers les questions, on peut dire, agréables. En 2019, le Golden Trail Series devient le Golden Trail World Series (GTWS) avec l’apparition du Golden Trail National (GTNS) en France, en Espagne et d’autres pays à venir. Quelles courses présenteront en France, par exemple? Et pensez-vous faire la série nationale en Russie?

GRÉRORY: Les courses de chaque série (France/Espagne) sont présentées sur le site internet www.goldentrailseries.com En 2019, il n’y aura pas la Russie, mais une série supplémentaire va apparaitre dans des pays de l’est.

TRAIL-RUN: Ce que concerne contrôle anti-dopage sur le GTWS, je connais, que vous vouliez travailler directement avec l’AMA, l’Agence Mondiale anti-dopage, mais reçu la réponse négative car vous n’est pas une fédération sportive, mais une organisation privée, comment vous pensez réaliser le contrôle anti-dopage sur le GTWS?

GRÉRORY: Les primes de courses de la GTWS sont relativement importantes pour le trail-running, il fallait donc se parer d’un système de santé et anti-dopage stricte pour éviter les dérives possibles liées à l’argentEn 2018, La GTS a travaillé en collaboration avec le programme Quartz pour des analyses sanguines avant la course (1 mois avant la course + la veille de la course pour les 10 meilleurs hommes & femmes) et avec la WADA pour des contrôles anti-dopage des 3 premiers H&F après l’arrivée. Nous contrôlerons les 5 premiers en 2019.

De plus, nous avons ajouté une règle unique dans le monde du sport aujourd’hui, nous refusons les AUT (autorisation thérapeutique). Nous supposons que si un athlète a besoin d’une AUT, c’est qu’il est malade, il est donc préférable, pour sa santé, qu’il ne pratique pas un sport en compétition. Il sera autorisé à reprendre la compétition sur la GTWS une fois que le produit n’aura plus d’effet sur son corps.

TRAIL-RUN: Vous connaissez le problème anti-dopage pas par ouï-dire, Salomon a crée son propre système du contrôle anti-dopage, Asics, puis la structure privée l’ITRA avec Quartz, ets., tels systèmes du contrôle anti-dopage, qui se trouvent dedans grands marques sportives et commerciales, ça peut provoquer la guerre de la pharmacie?

GRÉRORY: Salomon n’a pas créé son propre système de contrôle anti-dopage, nous travaillons avec l’ITRA et le programme Quartz tout au long de l’année. Il nous parait important que ce sujet soit traité par une entité neutre. La plupart de nos athlètes mettent en ligne leurs analyses sur le site accessible au public SCHOL.

Plus informations - Trail running, le mirage de la lutte anti-dopage.

TRAIL-RUN: Ce que me vraiment plait dans le Salomon Team c’est l’atmosphère amicale, libre et avec beaucoup des humeurs. Comment vous avez réussi de créer une telle atmosphère?

GRÉRORY: Créer un Team, c’est créer une famille. C’est avoir envie de se retrouver, de courir, manger, s’amuser tous ensemble. Sponsoriser des athlètes individuellement ne créera jamais un groupe uni. Il faut réunir toutes les conditions pour que la famille se crée. C’est un critère important dans le recrutement de nos athlètes. 

TRAIL-RUN: Merci beaucoup pour vos réponses si intéressantes.